ÇA S'EST PASSÉ À POL'N

sept 20

SEPTEMBRE

En savoir plus ÉDITO DE RENTRÉE Bonjour à toutes et tous, Voilà c’est la rentrée, on avait envie de vous écrire un petit mot. Et puis au risque de répéter une énième fois ce qui se dit et s’entend partout, c’est une rentrée pas comme les autres…. Alors même qu’on a à peine compris que l’été avait eu lieu, nous voilà toutes et tous à nous affairer pour relancer une année pleine d’incertitude. Nous sommes, à ce jour, heureuses et heureux de nous recroiser entre assos à POL’n, de réunionner, boire un café et préparer les prochains événements du lieu. La question, “qu’est-ce qu’on fait?” on se l’était déjà posée au mois de juin ! Et voilà ce qu’on s’était dit: // Qu’est ce que l’on fait ? On y va ! // Après 3 mois d’arrêt, le collectif a pris la décision de ne pas se laisser abattre. Nous avons ouvert tous les jeudis de l’été. On l’a fait comme on a pu ! On peut se le permettre, oui, parce qu’en tant que lieu intermédiaire, et bien qu’extrêmement précaires, on doit s’autoriser à “FAIRE”. Notre force collective a permis de vous recevoir dans de bonnes conditions, de vous/nous rassembler, de (re)voir vos sourires (derrière vos masques), de partager les spectacles avec vous, de retrouver les artistes et qu’elles et eux puissent de nouveau "monter sur scène" ! Un énorme merci pour votre soutien, pour votre bienveillance et votre compréhension face à cette situation inédite ! Cela a fait du bien à beaucoup d’entre nous de créer, avec l’urgence du moment et de la situation. On a ,à tort ou à raison, enfourché ce fameux tigre qu’on nous a présenté comme une aubaine. Se réinventer, les artistes et les personnes précaires, en général, connaissent cette pratique de près, de trop près... Cela est peut-être source de création, mais nous n’avons pas à cœur de cultiver l’image de l’artiste maudit qui se nourrit d’art et d’eau fraîche. Le traitement de la pandémie a laissé beaucoup de personnes de côté dans des milieux sociaux déjà fragiles. Une fois de plus, cela a engendré encore plus d’inégalités et d’épuisements. Et au sein même des milieux artistiques, ces inégalités ne font pas défaut. Certaines choses peuvent se faire et d’autres pas, sans aucun argumentaire logique associé.... On nous parle de solidarité mais la solidarité était déjà dans les cortèges d’avant le confinement. On continuera de lutter comme on le peut aux côtés des personnes oubliées, invisibilisées et dont les vies sont/étaient/seront en danger, avant, pendant et après le Covid. Nous commençons donc la saison 2020-2021 en déblayant le terrain, déchiffrant les textes, les décrets, les interdictions entre deux fous rires, la peur panique et un sandwich au fond de la cale. On ne sait pas quand cette situation s’améliorera mais d’ici là, on se tient les coudes ! On avance au jour le jour grâce au collectif, à la solidarité et grâce à toi public ! A partir de septembre, nous te recevrons assis.e.s, tu seras masqué.e lors de tes déplacements dans le lieu, tu ne pourras pas encore te déhancher et notre jauge restera limitée. Les artistes ne vont pas sauver le monde, mais il semblerait que ce ne soit pas non plus les politiciens, alors on est là tant qu’on le pourra, tant qu’il le faudra! A très vite, Le collectif POL’n. ------------------- Alors on reprend la programmation et ce mois-ci, on vous propose un nouveau format : les séances BAXTER. Et on reçoit la VAN - la Vulve A Nantes, au programme : honneur à la vulve autour d'une expo et de performances ! Visuel : Antoine Parra del Pozo

Juin

En savoir plus Comment allons-nous? Comment vous portez vous? À POL’n, les portes sont fermées depuis 40 jours et nous avons décidé pour le moment de ne pas les ouvrir au public avant le 15 juillet. Chômage partiel, télétravail, événements annulés ou repoussés, nous continuons à échanger, entre associations, avec les amis des lieux intermédiaires et des collectifs de lutte pour une culture vivante et accessible. Pour le moment, on devrait s’en sortir. Mais POL’n, ce sont aussi les associations, les indépendant.e.s, intermittent.e.s, artistes, technicien.ne.s, administratrices qui habitent et animent notre bâtisse pour beaucoup mises en fragilité. Sans mesures sérieuses pour soutenir les intermittent.e.s et professionnel.le.s de la culture, nos outils collectifs déjà si fragiles risquent aussi de s'atrophier. Pour demain, nous percevons des temps instables, des tristesses à débouler... La culture et l’art seront des domaines parmi les plus touchés par cette crise. Quels rôles auront les artistes dans ce lendemain ? Privé.e.s d’espaces, de visibilité, comment pourront-il.elle.s continuer d’agir, de nous bouleverser dans ces temps empêchés ? Bien sûr nous sommes parfois saisi.e.s, figé.e.s dans l’attention de ce qui peut advenir mais POL'n est une belle histoire collective et nous voulons être prêt.e.s pour nous épauler, nous imaginer ensemble, solidaires. Pas que le “nous” de la culture, le “nous” d'un désir impétueux de fraternité et de sororité. Dans ce flot sombre, nous voulons trouver les ancrages, les actes qui nous relèvent. Faire, parler, échanger, (se) retrouver. L’après, celui qui adviendra dans les mois qui viennent, il nous faut le repenser. Nous ne retournerons pas à la « normale » et comme nous l'avons vu circuler sur nos écrans, la « normale » était le problème. Parce que ce que nous vivons nous montre le caractère insupportable de l’organisation habituelle des choses, décidons-nous de ne surtout pas y revenir trop vite. Cela nous brasse, nous empêche, nous trouble, mais nous continuerons de pratiquer, de créer nos communs et de rencontrer nos voisins. Nous déploierons des liens qui nous seront utiles et nécessaires après ce confinement. Nous continuerons de créer des lieux et des moments où nos corps, déployés dans leur kinésphère*, viendront se trouver, coexister dans une autre proximité. Nous n’accueillerons pas de public avant quelques semaines, nous préférons prendre les devants sur les décisions politiques tardives et précipitées et nous réapproprier cet espace-temps tout en considérant les questions sanitaires et nos rythmes de vies. Quelles priorités seront les nôtres demain ? Comment pourrons-nous travailler, créer, accueillir, faire la fête... une fois déconfiné.e.s ? Quelle place accorderons-nous à la culture, l’écologie, la production, la coopération et la solidarité demain ? Ce temps à venir, vide de gré ou de force, qu’allons-nous en faire ? Serons-nous disponibles, aurons-nous le temps et le désir de penser, sorti.e.s de nos torpeurs et de nos urgences vitales ? Quid des rapprochements, des contacts et des odeurs volées? Quand pourrons-nous nous toucher, nous embrasser ? Cela manque tellement… Nous ne voulons pas faire du remplissage, c’est sûr. Pas envie de bouchées doubles, pas envie d’un chemin tracé pour nous par la catastrophe. Nous lutterons contre la précipitation, la réaction continue, pour trouver notre équilibre entre le temps déposé et la lutte pour défendre nos réalités. Nous ne voulons être pas victimes de ce temps. Mais on a hâte de vous retrouver, ça oui. Quand pourrons-nous nous retrouver avec vous, nous ne le savons pas exactement aujourd’hui. Mais même avec un mètre d’écart et des gestes barrières, on a hâte. *Théorisée par Rudolf Laban, la kinésphère désigne l'espace accessible directement aux membres d'une personne, elle s'étend tout autour d'elle, jusqu'à l'extrémité de ses doigts et pieds tendus dans toutes les directions. Visuel : Salomé Tendav